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Résultats inédits en faveur de la Biodynamie

Biodynamie et biodiversité des sols : l’avenir de la viticulture ?

La Biodynamie reste très controversée mais une nouvelle étude, certes préliminaire, présentée par M. Lionel Ranjard le 12 novembre 2020, directeur de recherche à l’INRAE de Dijon, UMR Agroécologie semble démontrer que « la Biodynamie explose les réseaux d’interactions des communautés microbiennes des sols ». Ainsi, l’ensemble des champignons et bactéries ont 30 fois plus d’interactions entre eux en Biodynamie, un des facteurs d’une grande qualité de sol.

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Réseaux d’interactions des communautés microbiennes des sols selon les modes de culture (doc INRAE DIJON)

La majorité des groupes d’organismes du sol sont encore mal connus. Mais une importante biodiversité apparaît fondamentale pour avoir des sols vivants et donner naissance à des grands vins de terroirs.

Un autre résultat significatif…

L’effet de la Biodynamie sur la qualité microbiologique des sols est tout à fait impressionnant par rapport au conventionnel et même à la Bio :

Sols considérés de bonne qualité :

  • 11% viticulture conventionnelle
  • 26% viticulture Biologique
  • 38% viticulture Biodynamique

De plus, la Biodynamie permettrait d’augmenter assez significativement la biomasse microbienne ainsi que la diversité bactérienne.

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Document INRAE de Dijon

Fascinant, M. Ranjard n’a pas d’explication scientifique pour l’instant pour comprendre ces résultats. Il ne souhaite pas évoquer l’aspect énergétique (les forces cosmiques, calendrier lunaire…) de la Biodynamie. Il émet, cependant, des hypothèses concernant notamment l’influence des préparations Biodynamiques ou bien la bonne technicité et la proximité des vignerons Biodynamistes avec leurs parcelles.

Ce que l’on ressent dans le verre de beaucoup de vins Biodynamiques semble se vérifier scientifiquement à l’échelle du sol.

Il est important de noter que certaines parcelles conventionnelles travaillées avec soin ont des résultats de qualité du sol très corrects également, de même que certaines parcelles en Biodynamie n’ont pas de résultats positifs.

L’étude a été réalisée sur 3 secteurs viticoles : L’alsace, la Côte d’Or et le secteur du Mâconnais / Côte Chalonnaise en Bourgogne.

En tout c’est 150 parcelles qui ont été testées avec à chaque fois 50 parcelles pour chaque mode de culture : conventionnelle, Biologique, Biodynamique (il manque encore 80 parcelles pour compléter ces résultats).

Pour l’anecdote, la remarque D’Hubert Reeves apparaît, selon l’auteur, tout à fait justifiée :

«  Il y a plus de micro-organismes dans 1 m² du sol que d’étoiles dans le ciel « 

Hubert Reeves

L’importance de la biodiversité des sols pour lutter notamment contre l’érosion et le tassement est démontrée par M. Ranjard. Il est d’ailleurs passionnant de voir l’expérience réalisée sur l’effet de l’eau sur 4 sols de différentes qualités. Le sol avec la plus grande biodiversité résiste beaucoup mieux à l’érosion.

Des sols morts en France ?

On parle souvent des sols de France qui seraient morts. Apparemment, M. Ranjard se montre plus rassurant même s’il faut poursuivre les efforts pour les améliorer. Il y aurait 10% de sols très altérés, 32% à surveiller et quand même 58% qui sont de bonnes qualités.

Impact du cuivre sur les sols

Une synthèse sur l’impact du cuivre a été menée par Novasol Experts (bureau d’étude créé en 2020) en collaboration avec des scientifiques de l’Inrae de Dijon. Ils estiment que le seuil d’écotoxicité pour la qualité des sols est de 200 kg/ha (les vers de terre seraient les plus fragiles) soit 50 fois la dose autorisée en viticulture par l’Europe. La dose réglementaire actuelle étant seulement de 4 kg/ha/an, celle-ci garantit la biodiversité d’un sol.

Les scientifiques remarquent qu’il y a un manque d’études de terrain pour approfondir les conséquences du cuivre sur l’ensemble des micro-organismes des sols. Mais ce rapport est important car la Commission Européenne pourrait interdire l’utilisation du cuivre en 2025. Cette synthèse démontre que ce serait totalement incohérent.

On ne doute pas du possible lobbying des firmes agro-pharmaceutiques pour mettre fin au cuivre afin de laisser le champ libre aux pesticides de synthèse.

Tous ces résultats sont passionnants. On attend avec impatience la conclusion de l’étude menée par l’Inrae. On aimerait aussi mieux comprendre l’influence sur la qualité des sols des différentes techniques pratiquées en Biodynamie.

Pierre Girod Nature de Vin